Le vol du Caire à Singapur a duré 9 heures et demie qui passèrent bien vite. Singapore Airlines n’a pas volé sa réputation d’être au top mondial des transporteurs aériens. Les hôtesses d’une élégance et compétence rares qui y oeuvrent ont autant impressionné Nicole que moi. Comme nous volions vers l’Orient, la journée aura été écourtée de 6 heures. Par rapport au Caire, tout le décor change radicalement. A Singapur tout respire richesse, organisation, propreté, on a l’impression d’être dans la Suisse de l’Asie du Sud-Est. L’escale est trop courte pour explorer tout l’aéroport géant (il comporte un ternminal rien que pour les low cost asisatiques !), mais suffisant pour nous rendre compte du luxe qui règne partout. Nous apercevons sur le tarmac l’Airbus A 380 qui attend son départ quotidien pour Sidney. Finalement nous ne le prendrons pas cette fois-ci, même si notre billet nous le permettrait. Le temps en Nouvelle-Zélande est trop précieux et l’Australie fera peut-être l’objet d’un voyage à part – il y aura bien d’autres hivers à passer que celui de 2007-2008 qui s’annonce précoce en Europe. A Singapur nous embarquons pour Bali à la tombée de la nuit. Arrivés deux heures et demie plus tard à Denpasar, capitale de BALI, nous constatons une nouvelle fois avec satisfaction qu’en Asie (du moins dans les pays que nous avons touchés lors de ce voyage), il n’y a pas d’excès de contrôles aux frontières, en tous cas pas pour nous touristes européens. Tout ce qui semble intéresser les autorités indonésiennes est de nous vendre leur visa qui coûte 10 US $. Pour l’Indonésie ceci représente beaucoup d’argent. Un euro vaut 13400 roupies. A ce taux on est millionnaire avec cent euros en poche. Et les prix sont plus que raisonnables pour les Européens, par exemple on loue une voiture compacte pour environ 10 € par jour, avis aux amateurs! Et nous voilà déjà balinais pour une semaine. Plutôt que de dormir à Kuta Beach (il faut laisser les réjouissances bruyantes aux jeunes) nous avons choisi près de l’aéroport Uduyana Eco Lodge, un hôtel qui a été construit à côté de l’université et se situe dans un parc tropical. Les chambres sont vastes, la douche adjacente à la salle de bains est complètement à l’extérieur. Il n’y a cependant aucun risque d’y prendre froid en novembre, les températures sont toujours voisines de 30°, c’est la moyenne annuelle… Pour organiser notre séjour à Bali, nous décidons de louer une voiture. Ce sera une jeep Suzuki, petite voiture de fabrication indonésienne. Caractéristique principale : volant à droite, nous roulons à gauche sur la route. Encore un héritage colonial… Pourtant l’Indonésie ne fut pas une colonie britannique… Le lendemain de notre arrivée, nos premiers kilomètres sur les routes balinoises nous conduisent à Ubud situé à une trentaine de kilomètres au Nord de Denpasar. La circulation est dense, les routes sont étroites, les bords non stabilisés. Il y a plus de scooters et de motos que de voitures. La conduite n’est pas agressive, mais il faut rester vigilant à tout instant. Les nombreuses statues de divinités en tout genre et de temples qui bordent les routes doivent avoir une influence bénéfique sur le comportement des conducteurs et les protéger en permanence. D’ailleurs nous nous arrêtons auprès d’un de ces temples pour le visiter. Pour pénétrer dans l’enceinte sacrée il faut mettre un sarong (tissu en batik) autour de la taille, mieux encore y ajouter une écharpe autour de la taille et une autre sur la tête. Pour les femmes, les règles d’admission sont encore plus strictes, cela frôle parfois l’absurde (de notre point de vue d’Européens) : par exemple dans un temple au pied d’une montagne sacrée que nous avons visité, les femmes dont les enfants n’ont pas encore eu leurs dents de lait n’ont pas le droit d’entrer! Le temple lui-même comporte de nombreux autels de taille très différente avec une riche statuaire qui représente toute sorte de divinités, monstres et autres personnages imaginaires. Les temples sont hindouistes, les principales divinités sont Brahma, Vishnu et Shiva, mais il y a une multitude d’esprits et démons en tout genre qui sont vénérés ou amadoués également. La profonde religiosité de la population ne se manifeste pas seulement autour des temples. Dans les maisons et jardins privés on voit partout fleurir des autels ou de simples offrandes de fleurs posées sur un mur ou un chemin.
Arrivés à Ubud, le centre de l’artisanat et du tourisme au Centre de l’île, nous prenons possession de notre demeure pour deux jours, « Sayan Terrace » , un petit complexe merveilleux niché en pleine jungle au dessus d’une vallée fertile dominée par les cocotiers, agrémentés de quelques rizières en terrasse. Le domaine est une magnifique création qui tient autant de l’architecture que du paysagisme. Chaque mètre carré du jardin est conçu avec soin et goût. Le séjour dans une telle demeure est un pur enchantement. Se réveiller dans un tel endroit, écouter les oiseaux et le murmure de l’eau, observer les papillons géants, les écureuils qui se pourchassent dans les arbres immenses – quelle merveille à condition de ne pas offrir sa chair rose aux moustiques qui en sont friands. De toutes façons, la nuit nous sommes protégés par une moustiquaire qui transforme notre couchage en lit à baldaquin.
15 au 22 novembre, découverte de Bali
Plutôt que de faire un récit jour par jour, je vais essayer de résumer nos impressions. Déjà après quelques jours de présence sur l’île, notre conviction est faite, il s’agit rééllement d’une destination de rêve qui a tout d’un paradis pour le touriste avide de soleil et de dépaysement exotique. Climat : de novembre à mars on tombe dans la période des pluies. Toutefois lors de notre séjour, nous n’avons pas encore connu de précipitations à l’exception d’une petite douche tiède nocturne à Ubud. Nous n’avons aucune idée si l’absence de pluie est dûe au réchauffement climatique, en tous cas pour un mois de novembre c’est atypique. A propos de climat : Bali va accueillir dans quelques jours la Conférence mondiale sur le réchauffement climatique, la preuve que cette préoccupation est universelle. Certes la chaleur est très forte, elle oscille autour de 30° jour et nuit, mais près de la mer, la brise apporte de la fraîcheur qui nous la rend plus facilement supportable. La même chose vaut pour les régons montagneuses.
Bali est une île verte. Grâce au volcanisme très présent, les sols sont riches et fertiles. La forêt tropicale a souvent dû céder la place à des cultures notamment des rizières. Les champs et jardins regorgent de toutes sortes de fruits et légumes. Leur énorme variété et abondance se vérifie à chaque repas, à commencer par un choix incomparable de jus de fruits frais. A plusieurs endroits nous nous sommes arrêtés pour observer la vie dans les champs de riz qui sont de véritables écosystèmes très élaborés. En novembre, le riz dans la plupart des rizières que nous avons vues est prêt à être récolté, si bien que nous n’avons pas pu voir tout le cycle de culture (inondation des champs, labourage, repiquage du riz, jeunes pouces etc.). Dans des régions où la culture se fait de manière traditionnelle, des canards sillonnent par centaines les rizières. Ils les néttoient et répandent en même temps un fumier bienvenu. Astucieux ! Parfois les rizières servent également de viviers à poissons. Même quand le riz est déjà en herbe, les champs continuent à être irrigués, les plantes ont toujours le pied dans l’eau. En fait, la culture du riz repose sur des systèmes d’irrigation élaborés. La disposition des champs en terrasses permet de faire circuler l’eau sans avoir recours au pompage, à condition de disposer de ressources d’eau suffisantes, cela va de soi. Pour cette raison on trouve souvent les terrasses de riz au flanc des montagnes ou dans des vallées parcourues par des eaux vives abondantes. Ce qui nous a frappés, c’est absence de toute machine dans les champs (une seule fois nous avons observé un motoculteur utilisé pour le labourage). Les faucheurs, hommes ou femmes indifféremment, s’acroupissent pas terre et coupent avec une serpe patiemment touffe après touffe. Les graines de riz mûrs sont de couleur blonde. D’autres personnes viennent ramasser les gerbes et les portent sur des aires de battage aménagés au bout du champ. Sur une simple bâche, les bottes de riz sont frappés manuellement de façon à ce que les grains de riz tombent simplement par terre. La paille de riz est conservée à part. Les transport du riz dans les champs se fait à nouveau à dos d’homme, plus précisément les sacs sont portés sur la tête jusqu’à un endroit où une moto ou une voiture peut venir les prendre. Vous imaginez alors la fourmillière à dimension humaine que représente une rizière. (à suivre)
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