Après Fjordland, la remontée de lîle Sud était inscrite dans notre programme. L’itinéraire de liaison qui devait nous mener vers Dunedin, qui est la captiale écossaisse en NZ nous a surpris par l’intérêt du paysage traversé. Il s’agit des catlins, large terre côtière balayée par les vents antarctiques. L’inclinaison des arbres – certains sont presque couchés par terre - trahit la direction et la force des vents. Ceci ne semble pas impressionner les moutons, très nombreux à peupler les pentes  herbeuses. Sur la côte même phoques et oiseaux de mer ont trouvé leur royaume. Nous regrettions de ne pas disposer de plus de temps pour goûter au charme rude de cette province. Mais la suite ne fut pas décevante non plus, bien au contraire. Dunedin est une ville charmante au fond d’un estuaire, la presqu’île d’Otago qui s’étend sur une trentaine de km à l’est fut un des highlights indiscutables de notre voyage. C’est que le paysage y est d’une diversité étonnante et la vie sauvage, bien protégée, particulièrement riche. L’épine dorsale de ka presqu’île est une montagne et escarpée dans laquelle la mer a fait des avancées considérables. Il s’y sont formés des bassins intérieurs où l’eau se retire à marée basse, cadre de vie idéal pour de nombreuses espèces d’oiseaux aquatiques. Sur les plages et falaises de la côte : un sanctuaire d’Albartros (une vingtaine de couples y viennent nicher tous les ans, on peut suivre les exploits en vol de ces oiseaux royaux derrière une vitre dans la station d’observation à quelques mètres des nids), un autre pour penguins aux yeux verts, l’espèce la plus rare parmi les penguins que l’on ne rencontre qu’en NZ. Pour se rapprocher de ces oiseaux peu sociables, les protecteurs de la nature ont créé un système de circuits et de tranchées dans la montagne astucieux qui garantit la paix aux oiseaux et la joie d’une observation relativement confortable aux visiteurs. Par dessus le marché, au vu du nombre de groupes accueills, c’est probablement aussi un business rentable pour le propriétaire du terrain. Pour la nuit de Noël, Nicole et mois « nous sommes offerts » un spectacle particulièrement rare et émouvant. Nous avons assisté au retour « à la maison » des penguins bleus. Ce sont les plus petits de leur espèce, décimés par les prédateurs, protégés désormais par l’homme. Ils nichent dans des trous de terre sur la côte au dessus de petites criques de sable. Pendant la journée, les petits frestendt dans les nids, les parents vont se nourrir en haute mer. Ceux qui n’ont pas été mangés en chemin par les lions de mer voraces retournent à terre sous la protection de la nuit. Selon la faculté qu’on a de voir dans l’obscurité, on peut les apercevoir arriver à la nage formant des groupes d’une douzaine d’individus. Une fois arrivés à terre, ils traversent le sable avec leur démarche tituibante rapide avant de chercher la protection sous les touffes d’herbes et les rochers. Ce sont des grimpeurs étonnants, leurs nids peuvent se rencontrer à une centaine de mètres de la mer sur les pentes raides. Arrivés « chez eux » dans les nids, nous avons entendu longuement leurs cris qui devaient marquer les retrouvailles avec les petits à qui ils apportent la nourriture collectée pendant la journée en la regurgiteant.

Sur le chemin de Wanaka à Te Anau nous nous sommes arrêtés à la Chard Farm Winery qui se trouve près d’une gorge où on a pratiqué pour la lpremière fois au monde el bungee jump. Les Kiwis sont friands de toute sorte de sports de vitesse et à risque, nous nous sommes contentés de regarder les intrépides. Quant au vin, nous ne l’avons pas trouvé à la hauteur de la réputation du domaine. Comme souvent, les petites propriétés comme Terra Vin à Blenheim sont supérieures au « grandes » à condition d’avoir al chance de les dénicher. Notre prochaine découverte fut « Deer Park », une colline dominant Queenstown et son lac. C’est à la fois un parc animalier et un célèbre studio de cinéma en plein air où notamment plusieurs scènes du film « Seigneur des anneaux » furent tournées. Le panorama à 360° mérite les cinq étoiles : un lac en forme de V (encore un !) avec tout autour des montagnes de dimensions respectables. Ensuite notre itinéraire nous a amenés à Te Anau, lieu de passage incontournable pour tous ceux qui se rendent à Milford Sound par la voie terrestre.  Il faut savoir que Milford Sound est à la NZ ce que le Mont St. Michel signifie pour le tourisme en France, avec la différence que Milford Sound, un des plus beaux fjords du monde, est soumis à un climat extrême: les précipitations atteignent 9m par an ! Nous avons opté pour une croisière avec une nuit à bord pour augmenter nos chances de trouver au moins pendant quelques heures, le soir ou le matin un temps favorable pour voir toutes les merveilles. En fait notre croisière fut très réussie, mais pratiquement inutile puisque tout a fait exceptionnellement il a fait un soleil radieux deux jours de suite. Voici donc la compensation pour notre décpetion au pied des glaciers Fox et Franz-Josef. Pour ce qui est de Milford Sound, disons que sa réputation n’est pas usurpée, les images sur www.suivezmonregard.net viendront le prouver bientôt, j’espère. Un point particulier à signaler : l’observatoire soumarin unique en son genre. Il faut savoir que la masse d’eau de pluie forme un couche d’environ un à deux mètres qui flotte au dessus de  l’eau de la mer dans le fjord. Cette eau de ruissellement comporte plein de matières organiques, taniques qui en diminuent la transparence. Ainsi la vie soumarine connaît dans le Sound des conditions  que l’on ne rencontre d’habitude qu’en grande profondeur. L’observatoire soumarin a la forme d’un cylindre avec un grand escalier à colimaçon au milieu et à – 10m paroi des fenêtres qui offrent des vues spectaculaires sur les poissons, coraux et autres plantes vivant à ce niveau. Quand nous avons quitté l’observatoire pour regagner notre bateau, un groupe de dauphins nous a fait le plaisir de se produire sous nos yeux émerveillés. Après cette belle expérience, nous avons remis cela le lendemain en faisant l’excursion du Doubtful Soud, nom donné à ce fjord par le Capitaine Cook qui avait des doutes sur la navigabilité. Depuis, les temps ont bien changé puisque les tour opérateurs proposent maintenant une excursion d’une journée complète depuis Te Anau : on traverse d’abord le Lac de Te Anau (altitude 200 m au dessus du niveau de la mer) sur un trimaran rapide pendant 45 min, puis on prend in bus qui nous fait franchir un col de plus de 600m avant de rejoindre le niveau de la mer pour naviguer pendant 3 heures sur le Sound. Celui-ci est plus large et plus long que Milford Sound et offre des vues infinies sur le Fjordland, endroit classé au Patrimoine de l’humanité par l’Unesco. Particularité : la différence  de niveau du Lac de Te Anau et de la mer est utilisée par une énorme centrale électrique souterraine quoi fournit 850 MW par an à une usine d’Aluminium distante de plsuieurs dizaines de km. C’est dire qu’il s’agit du plus grand projet industriel de NZ, la route entre la mer et le Lac Te Anau a été construite exprès pour permettre la construction de la centrale et finalement a permis l’exploitation touristique du fjord.

17 et 18 décembre, Lake Wanaka

Quittant la côte Ouest, nous nous sommes dirigés ensuite vers le centre de l’île. Après avoir franchi le Haast-Pass, un fameux col de liaison Est-Oust, ouvert par les pionniers au 19siècle, nous avons abordé le Lac Wanaka où nous logions dans un B&B recommandé par Susie (voir Coromandel). Le lac a la forme d’un grand « V », dont chaque branche s’étend sur plus de 40 km. Il est entouré de hautes montagnes, certaines couronnées par des glaciers. Des stations de ski réputées se trouvent là dont une est régulièrement utilisée comme terrain d’entraînement d’été par l’équipe nationale d’Autriche! Comme le temps s’était nettement amélioré par rapport au jours précédents, nous avons pu faire quelques promenades, d’abord sur la rive du lac à travers des buissons en fleur sentant suavement le miel, puis une excursion d’une journée nous a menés dans une vallée majestueusement façonnée par un glacier, longue de 40 km, « habitée » uniquement par des moutons et leurs propriétaires. Il fallait y franchir huit gués en voiture avant d’arriver au point de départ de la randonnée menant à environ 700 m d’altitude au pied du glacier Rob Roy. La montée nous a coûté pas mal de sueur, mais notre récompense fut inoubliable puisque nous avons débouché dans une haute vallée avec en face de nous un mur de plus de 1500 m de rochers, cascades d’eau et de glace. Un spectacle d’une beauté violente. Pour amuser les touristes un Kea, grand perroquet, allait d’un groupe de pique-niqueurs à l’autre mendiant – en vain – de la nourriture et s’offrant en même temps comme sujet à photographier. Le séjour chez nos hôtes fut très agréable et ponctué par une grande dégustation de vins. Nous avons pu mesurer à cette occasion l’engouement de beaucoup de Néo-Zélandais pour les Shiraz en provenance d’Australie : ils aiment ces vins fortement structurés, riches en arômes qui ont en plus l’avantage d’être moins chers que leurs équivqlents néo-zélandais. Quant à nous, nous avons continué avec plaisir la découverte des crus NZ, nos crus de prédilection étant les Sauvignon blancs et les Pinots noirs.

15 et 16 décembre Pancake Rocks et Galcierland

Notre programme ne nous a pas permis d’attendre que la météo s’améliore, il fallait continuer sur la route vers la côte Ouest, pays où la mer est souvent démontée et le ciel pluvieux. Au 19ème siècle des  chercheurs d’or ont trouvé ici de quoi déclencher und gold rush – plusieurs petites villes et musées rappellent ce temps passé. Les principales attractions touristiques se situent près de la côte. D’abord Pancake Rocks, un vaste ensemble de rochers dont les strates fines ciselées par l’érosion font penser à des tas de crêpes qui feraient honneur à plus d’une crêperie bretonne. La rencontre de ces rochers avec la mer déchaînée exerce une fascination qui n’a pas échappé aux responsables du tourisme NZ qui y ont aménagé un circuit bien conçu, richement documenté sur la géologie, la flore et la faune locales. En plus Nicole et moi y avons eu droit à un spectacle inoubliable. Depuis le belvedère le plus avancé dans la mer, nous avons pu observer pendant de longues minutes un grand  nombre de dauphins qui devaient chercher de la nourriture près de la côte. A un moment donné j’ai pu capter avec ma camera la nage synchronisée de sept d’entre eux plongeant dans un mouvement ondulant leurs corps luisants dans les flots. Plus au Sud, les montagnes les plus hautes de NZ, Mt. Tasman (3500m) et Mt. Cook (3750m) déversent vers la mer deux glaciers, appelés Franz-Josef Glacier et Cox Glacier, deux destinations supplémentaires sur la longue liste des « must incontounables » du touriste consciencieux. Aujourd’hui ces glaciers n’atteignent plus la mer – ils sont en régression comme partout dans le monde. Ce qui en reste, est néanmoins impressionnant. Nous avons pu voir de chacun de ces deux monstres le « teminal », dernier mur de glace dans lequel s’ouvre un immense portail par lequel s’écoule la rivière souterraine. Les excursions que nous aurions aimé faire le lendemain, soit à pied, soit en avion, ont dû être annulées. Il n’a pas cessé de pleuvoir du matin au soir. Ici, la pluviométrie est de 9m par an ! Sur le glacier la quantité de neige accumulée varie entre 15 et 35 m par an ! Si on veut voir la montagne dans toute sa splendeur, il faut patienter que la météo soit favorable – malheureusement ce n’était pas notre cas, il fallait continuer.

13 et 14 décembre Motueka, Abel Tasman National Park

Pour rejoindre le Parc National qui tient son nom de l’explorateur hollandais qui un siècle avant le Captain Cook a été le premier Européen à approcher les côtes néo-zélandaises sans toutefois y mettre pied à terre – donc pour rejoindre ce fameux PN, on emprunte la route qui y mène à partir de Picton en suivant  le Queen Charlotte’s Sound. On longe la côte sauvage puis on traverse près de Nelson une région fertile où d’immenses haies d’arbres protègent des vents violents de riches cultures fruitières : pommes, kiwifruits, boysenberries, poires, agrumes – tout y pousse en abondance. Les premiers colons allemands qui se sont fixés dans cette partie de la NZ y ont apporté dès les années 1840 des plants de houblon qui sont à la base de la production de bière Steinlager (on trouve aussi des ales et autres stout d’inspiration britannique sous le nom de Speights). Motueka est une petite ville active qui se présente comme le portail incontournable avant l’Abel Tasman NP. De là on rejoint Kaiteriteri, un petit port située dans une large baie ensablée. Pour se rendre sur l’un des nombreux bateaux qui vous emmènent au Abel Tasman, il n’est pas rare de devoir mettre pied à l’eau. Pour les Kiwis qui sont décidemment sportifs et endurcis, se promenant de préférence pieds nus, ceci représente un exercice naturel, pour nous Européens gâtés, une petite aventure. La randonnée « Abel Tasman Track » se fait généralement en trois jours sur un sentier qui longe la côte avec des étapes dans des campings ou abris sommaires. Pour le voyageur plus pressé et moins ambitieux, une bonne solution consiste à se faire déposer en bateau à un endroit puis de se faire reprendre à un autre. Nous avons donc débarqué à « Tonga », une petite crique qui tient son nom d’une île située en face de la plage, puis avons suivi le sentier pendant quatre heures avant de réembarquer à une autre plage. Le « track » est à la hauteur de sa réputation de compter parmi les randonnées les plus prisées de NZ. Il traverse la forêt tropicale épaisse où les fougères se présentent en arbres de 15 à 20 mètres de hauteur. La densité et la profusion de la végétation sont grandes, un botaniste y trouverait à coup sûr sa terre promise. Quant à nous, nous avons simplement apprécié cet univers, silencieux par surcroît. Le sentier suit de près la côte, il épouse le relief des vallées qui amènent parfois par des cascades idylliques l’eau de la montagne vers la mer.  Les plages de sable sont de toute beauté, l’eau est de couleur émeraude à bleu. Un tuyau pour les gens sportifs : louer un kayak et suivre la côte, les possibilités sont infinies.

10 et 11 décembre Kaikoura, haut lieu de la baleine

Kaikoura sur la côte Nord-Est de l’île Sud (entre temps nous avons franchi Cook Street qui sépare les deux îles) est un centre mondialement connu pour l’observation des baleines (whale watching - ww). C’est que les néo-zélandais ont eu l’intelligence d’arrêter il y a une trentaine d’années la lugubre chasse à la baleine. Désormais ils protégent sytématiquement ces superbes mammifères de la mer qui le leur rendent bien. A Kaikoura les bâteaux qui emmènent les touristes pour le ww remboursent les passagers s’ils n’en ont pas vus lors de leur sortie en mer. Nicole et moi avions bien pris de billets pour un tel tour, mais le matin du départ, on a annoncé du gros temps sur la mer, si bien que nous avosn renoncé au tour en bâteau. Mais dans ce pays moderne, il y a encore d’autres moyens pour s’approcher de de ces bêtes superbes : hélicoptère ou avion. Nous avons opté pour un petit avion de tourisme et fumes bien recompensés. Il n’a fallu que cinq minutes au pilote après le décollage pour apercevoir en pleine mer une énorme baleine qui avait fait surface pour respirer. Pendant la dizaine de minutes que dure cette phase, l’avion a tourné à 150 m au dessus de l’animal, permettant à chaque passager d’essayer de le photographier, avant qu’il ne tire magistralement la révérence par un énorme coup de queue et de plonger dans les profondeurs pour se nourrir pendant une heure avant de refaire surface pendant une dizaine de minutes (entre temps l’avion a chargé une nouvelle cargaisons de touristes et peut recommencer sa paisible chasse).

 

La richesse de la vie marine fait al renomée de Kaikoura : phoques et lions de mer, mouettes et autres oiseaux y abondent. Ajoutons à cela une riche palette de fruits de mer, à commencer par les « crayfishs », grands homards à la chair particulièrement savoureuse et les moules vertes non moins agréables à croquer. J’ai eu le privilège de me lever à 6h du matin pour accompagner l’hôte de notre B&B pour relever avec lui dans son bâteau les paniers à homards, il en a ramené 6 beaux exemplaires dont la bonne taille « prêt à la consommation » a été vérifiée à l’aide d’une jauge. Il n’y a qu’une étroite bande de terre qui sépare la baie de Kaikoura de la montagne. Ces terres sont très vertes et exploités par des fermiers.

8 et 9 décembre, Wellington, la capitale

Disons le tout de go : Wellington nous a davantage impressionnés qu’Auckland. La ville est très vivante avec un savant dosage de moderne et d’ancien. Sa situation adossée à la montagne au bord d’une vaste baie est de toute beauté. Un funiculaire mène vers la Jardin botanique qui domine la ville. En contrebas, on traverse des quartiers avec de petites maisons de style colonial qui semblent émerger d’une autre époque. C’est là où est née Katherine Mansfield, célèbre femme écrivain qui a vécu sa jeunesse ici avant de quitter sa patrie jugée un peu étriquée pour l’Angleterre où elle est décédée à l’âge de 34 ans. Au centre ville, l’animation nocturne du quartier « Cuba » peut faire penser à Montparnasse, une foule dense s’y presse en passant de café en café ce qui veut dire en bon néo-zélandais de restaurant en restaurant (on trouve même des établissements nommés « fish restaurants » ce qui est assez dur à digérer pour une oreille européenne). Wellington compte un certain nombre de bâtiments officiels d’envergure, dont le Parlement un complexe assez pompeux du début du 20ème siècle en granite gris et adjacent à lui la « ruche » un bâtiment-tour moderne utilisé par les parlementaires maori. Un peu partout dans la ville on trouve des sculptures intéressantes. Près du port s’élève le musée Te Papa, une construction moderne, véritable vitrine du pays avec de nombreuses collections. Les fins esprits disent que la conception de ce musée est un peu trop ostentatoire ou qu’il lui manque un fil rouge clair. Toutefois Nicole et moi sommes bien tombés sous le charme cossu ( !?) de l’endroit qui nous a permis de bien réviser nos fondamentaux néo-zélandais : culture maori, histoire de la colonisation, flore et faune, œuvres d’art récents en tous genres. En plus une exposition très didactique sur les baleines nous a bien préparés pour la suite.

 

Avant de quitter la capitale, nous avons passé une soirée autant sympathique qu’inattendue avec Alice, une amie de jeunesse de Graz. Alice est venue en personne pour assister à la cérémonie académique marquant la fin des études en sciences éco de sa fille Elisabeth. A défaut de pouvoir prendre part à la séance académique, nous avons passé une excellente soirée au restaurant tous les quatre.

 

Se situant dans la zone où la plaque tectonique du Pacifique est en train de pousser sous celle de l’Asie, la ville de Napier a été détruit presque entièrement lors d’un tremblement de terre en 1931. Cet événement tragique qui a fait de nombreux victimes a eu une conséquence qui a valu à la ville une renommée mondiale. En effet, la décision de reconstruire la ville suivant des critères de sécurité avancés a permis à des architectes de l’époque de donner libre cours à leur savoir faire. Soutenus par les autorités et les commerçants locaux ils ont construit un ensemble unique au monde, plusieurs rues entièrers d’immeubles à deux niveaux, le rez-de-chaussée servant de locaux commerciaux, les trottoirs couverts partiellement par des arcades protégeant les passants du soleil, et l’étage supérieur joliment travaillés. Aujourd’hui ce patrimoine est très bien mis en valeur, les façades sont rafraîchies et peintes de couleurs pastels faisant ressortir les éléments décoratifs, ornements et inscriptions dans le plus pur style Art Déco qu’on puisse imaginer. Un centre de documentation et un point de vente d’arcticles Art Déco complète cet ensemble unique au monde. Nous étions en B&B, maternés par Diana, une femme truculente, de soixante dix ans environ, et son mari Noel. Elle nous a donné l’idée de nous adresser à un bureau central de B&B pour réserver nos logements dans l’île Sud. Ce conseil s’est avéré très précieux. Nous avons investi quelques heures à finaliser notre itinéraire et programme – l’art consitsant à se limiter – puis passé notre commande par e-mail. Quelques heures plus tard, nos réservations de B&B jusqu’au 30 décembre étaients faites selon notre demande et le montant correspondant payé avec la carte de crédit. Ouf, cela simplifie la recherche quotidienne d’un hébergement, surtout pendant la période des fêtes.

 

3 au 5 décembre Rotorua, la danse sur le volcan

Un des paysages les plus étonnants de l’île Nord attend le voyageur à Rotorua, centre d’une région où le volcanisme actif est omniprésent. Dès le milieu du 19ème siècle, cet endroit était déjà très fréquenté par les touristes principalement sujets de leur majesté la reine Victoria. Ils logeaient dans un hôtel confortable et se faisaient conduire par les Maori indigènes au pied des plus belles terrasses de sinter connues à l’époque. Jusqu’à une nuit de 1866 quand le volcan Mt Tarawera a littéralement explosé. L’éruption d’une rare violence à englouti plusieurs villages et a causé de nombreuses victimes. Ceci n’a cependant pas découragé les colons et les maoris très commerçants déjà à cette époque a reconstruire et développer Rotorua pour en faire une station thermale réputée. Aujourd’hui les phénomènes volcaniques sont toujours aussi présents, les odeurs de soufre et les sources chaudes abondent, il y a des geysers qui sont consciencieusement exploités commercialement par les Maori qui encadrent les touristes avec de nombreux shows et dîners spectacles. De notre séjour à Rotorua nous avons notamment retenu la visite du musée de la ville abrité dans l’ancien bâtiment des thermes, dans le style victorien le plus pur, la visite du village enseveli par le volcan en 1866 et la promenade au pied du Mont Tarawera suvi d’un tour en bâteau sur un lac voisin. Cette denière excursion nous a montré une multitude de phénomènes volcaniques : on sent le feu couver sous la terre, les émanations se font sous forme de sources ou de geysers de toute taille, les minéraux qui se déposent à la surface sont de couleur vive, jaune, vert, blanc. Un des endroits les plus impressionnants est un cratère rempli d’une eau sulphureuse d’un bleu profond cernés par des bords d’une blancheur éclatante. Au bout d’une vingtaine de jours le niveau d’eau monte de 15 mètres avant de déborder dans la vallée et le cratère de reprendre son cycle au rythme qui lui est propre.

 

En quittant Rotorua, à notre grand regret, nous avons vu de plus en plus de nuages couvrir le ciel. Arrivés à Taupo, ville située auprès d’un des trois plus grands volcans souterrains au monde (le volcan se cache sous l’immense lac au bord duquel se trouve la ville) il fallait se décider : continuer sous les nuages vers les parcs de Tongariro et Taranaki, deux massifs volcaniques superbes à l’Ouest, ou changer d’itinéraire. Notre décision fut vite prise, nous n’allions pas errer dans le brouillard qui enveloppe la montagne, mais nous transporter sur la côte Est.

30 novembre au 3 décembre : Coromandel

« Coromandel » - ce nom n’évoque-t-il pas l’aventure, le mystère et la beauté ? Plus prosaiquement il s’agit d’une presqu’île au Sud d’Auckland qui a attiré d’abord des populations Maori qui se sont fixées ici après une longue traversée du Pacifique, puis James Cook qui a trouvé l’endroit propice à ses recherches géographiques (relevé complet des côtes de la Nouvelle Zélande) et astronomiques (il y a observé le passage de Mercure devant le soleil, d’où le nom de Mercurey Bay). Au 19e siècle, des chercheurs d’or ont trouvé ici plusieurs filons prometteurs, à la suite de quoi ils ont transformé l’île en gruyère – les traces de cette activité éffrénée sont encore visibles par-ci par-là dans le paysage reboisé après les ravages causées par les travaux des mineurs. De nos jours, Coromandel est devenu un paradis pour touristes en quête de petites plages tranquilles. On y produit aussi le fameux miel de Manuka auquel on attribue autant de vertus gustatives que médicales (antibactériennes !). Pour trois nuits nous avons élu domicile chez Gordon et Diana un des nombreux couples à travers le pays qui accueillent dans leur home confortable des hôtes en leur offrant logis et petit déjeuner contre payement. Leurs prestations, toutefois, allaient bien au-delà des services traditionnels. Nous étions accueillis avec des boissons frâiches et le soir,après une longue promenade sur la plage qui s’étend littéralement au pied de leur maison, un curry bien pimenté nous fut offert par la maîtresse de maison accompagné par un de ces Sauvignons blancs fruités et gouleyants que nous consommons ici quasiment tous les jours avec un plaisir renouvelé. Dans ce cas, il aurait été impoli de ne pas feindre de l’enthousiasme à la vue d’un DVD d’André Rieu projeté pendant deux heures sur un écran de 5 m de large, neuf hauts-parleurs à l’appui! Oui, ce violoniste de talent (son talent commercial est au moins égal à son réél talent de musicien) représente pour nos hôtes néo-zélandais la quintessence de la culture musicale européenne. Disons que le mélange est judicieux : un zeste de Mozart, deux parts « grands ténors », trois parts de Johann Strauss, cinq parts de Walt Disney, et voilà le produit qui déplace les foules dans le monde entier !

 

Notre séjour à Simpsons Bay/Withiranga nous a valu deux belles excursions : un tour en bâteau le long de la côte pour voir des plages et des grottes qu’on ne peut atteindre que par la mer. Lors de cette balade, nous avons aussi pu observer des poissons à travers une grande vitre dans le fond du bateau, ceci dans un périmètre protégé où la pêche est interdite ce que les poissons semblent fort apprécier.

A terre nous avons entrepris une belle randonnée sous un soleil éclatant vers Shakespeare’s Hill et Cook’s Beach – deux endroits que le fameux capitaine avait visité en 1769. Shakespeares Hill nécessitait une petite grimpette à travers une pinède qui avec des accents (parfums) très méditerranéens menant à un plateau dominant la mer, un site superbe et tranquille que la reine Elizabeth II avait visité quand elle était venue en N.Z. Cette promenade nous a valu en plus une rencontre fortuite que nous ne sommes pas prêts d’oublier : pour demander notre chemin nous nous sommes adressés à un couple en train de nettoyer un terrain de tennis. La femme nous a invités à traverser le rue et dans son bungalow nous a donné tous les renseignements voulus sur la région et notre promenade. Mais attention : quel bungalow et quelle gentille personne ! La maison de dimension larges domine une plage de rêve et pourtant quasi déserte. On a l’impression qu’en NZ tout le monde qui peut s’offrir un bongalow « correct » peut trouver un coin de rêve avec vue imprenable sur la plage. Pour Susie et son mari Peter qui sont un couple d’Auckland de notre âge apparemment pas démunis, ceci vaut évidemment aussi. En même temps leur simplicité, leur facon de ne pas montrer « ce qu’ils ont », leur extrême gentillesse nous ont vraiement impressionés.