« Coromandel » - ce nom n’évoque-t-il pas l’aventure, le mystère et la beauté ? Plus prosaiquement il s’agit d’une presqu’île au Sud d’Auckland qui a attiré d’abord des populations Maori qui se sont fixées ici après une longue traversée du Pacifique, puis James Cook qui a trouvé l’endroit propice à ses recherches géographiques (relevé complet des côtes de la Nouvelle Zélande) et astronomiques (il y a observé le passage de Mercure devant le soleil, d’où le nom de Mercurey Bay). Au 19e siècle, des chercheurs d’or ont trouvé ici plusieurs filons prometteurs, à la suite de quoi ils ont transformé l’île en gruyère – les traces de cette activité éffrénée sont encore visibles par-ci par-là dans le paysage reboisé après les ravages causées par les travaux des mineurs. De nos jours, Coromandel est devenu un paradis pour touristes en quête de petites plages tranquilles. On y produit aussi le fameux miel de Manuka auquel on attribue autant de vertus gustatives que médicales (antibactériennes !). Pour trois nuits nous avons élu domicile chez Gordon et Diana un des nombreux couples à travers le pays qui accueillent dans leur home confortable des hôtes en leur offrant logis et petit déjeuner contre payement. Leurs prestations, toutefois, allaient bien au-delà des services traditionnels. Nous étions accueillis avec des boissons frâiches et le soir,après une longue promenade sur la plage qui s’étend littéralement au pied de leur maison, un curry bien pimenté nous fut offert par la maîtresse de maison accompagné par un de ces Sauvignons blancs fruités et gouleyants que nous consommons ici quasiment tous les jours avec un plaisir renouvelé. Dans ce cas, il aurait été impoli de ne pas feindre de l’enthousiasme à la vue d’un DVD d’André Rieu projeté pendant deux heures sur un écran de 5 m de large, neuf hauts-parleurs à l’appui! Oui, ce violoniste de talent (son talent commercial est au moins égal à son réél talent de musicien) représente pour nos hôtes néo-zélandais la quintessence de la culture musicale européenne. Disons que le mélange est judicieux : un zeste de Mozart, deux parts « grands ténors », trois parts de Johann Strauss, cinq parts de Walt Disney, et voilà le produit qui déplace les foules dans le monde entier !

 

Notre séjour à Simpsons Bay/Withiranga nous a valu deux belles excursions : un tour en bâteau le long de la côte pour voir des plages et des grottes qu’on ne peut atteindre que par la mer. Lors de cette balade, nous avons aussi pu observer des poissons à travers une grande vitre dans le fond du bateau, ceci dans un périmètre protégé où la pêche est interdite ce que les poissons semblent fort apprécier.

A terre nous avons entrepris une belle randonnée sous un soleil éclatant vers Shakespeare’s Hill et Cook’s Beach – deux endroits que le fameux capitaine avait visité en 1769. Shakespeares Hill nécessitait une petite grimpette à travers une pinède qui avec des accents (parfums) très méditerranéens menant à un plateau dominant la mer, un site superbe et tranquille que la reine Elizabeth II avait visité quand elle était venue en N.Z. Cette promenade nous a valu en plus une rencontre fortuite que nous ne sommes pas prêts d’oublier : pour demander notre chemin nous nous sommes adressés à un couple en train de nettoyer un terrain de tennis. La femme nous a invités à traverser le rue et dans son bungalow nous a donné tous les renseignements voulus sur la région et notre promenade. Mais attention : quel bungalow et quelle gentille personne ! La maison de dimension larges domine une plage de rêve et pourtant quasi déserte. On a l’impression qu’en NZ tout le monde qui peut s’offrir un bongalow « correct » peut trouver un coin de rêve avec vue imprenable sur la plage. Pour Susie et son mari Peter qui sont un couple d’Auckland de notre âge apparemment pas démunis, ceci vaut évidemment aussi. En même temps leur simplicité, leur facon de ne pas montrer « ce qu’ils ont », leur extrême gentillesse nous ont vraiement impressionés.