Pour rejoindre le Parc National qui tient son nom de l’explorateur hollandais qui un siècle avant le Captain Cook a été le premier Européen à approcher les côtes néo-zélandaises sans toutefois y mettre pied à terre – donc pour rejoindre ce fameux PN, on emprunte la route qui y mène à partir de Picton en suivant  le Queen Charlotte’s Sound. On longe la côte sauvage puis on traverse près de Nelson une région fertile où d’immenses haies d’arbres protègent des vents violents de riches cultures fruitières : pommes, kiwifruits, boysenberries, poires, agrumes – tout y pousse en abondance. Les premiers colons allemands qui se sont fixés dans cette partie de la NZ y ont apporté dès les années 1840 des plants de houblon qui sont à la base de la production de bière Steinlager (on trouve aussi des ales et autres stout d’inspiration britannique sous le nom de Speights). Motueka est une petite ville active qui se présente comme le portail incontournable avant l’Abel Tasman NP. De là on rejoint Kaiteriteri, un petit port située dans une large baie ensablée. Pour se rendre sur l’un des nombreux bateaux qui vous emmènent au Abel Tasman, il n’est pas rare de devoir mettre pied à l’eau. Pour les Kiwis qui sont décidemment sportifs et endurcis, se promenant de préférence pieds nus, ceci représente un exercice naturel, pour nous Européens gâtés, une petite aventure. La randonnée « Abel Tasman Track » se fait généralement en trois jours sur un sentier qui longe la côte avec des étapes dans des campings ou abris sommaires. Pour le voyageur plus pressé et moins ambitieux, une bonne solution consiste à se faire déposer en bateau à un endroit puis de se faire reprendre à un autre. Nous avons donc débarqué à « Tonga », une petite crique qui tient son nom d’une île située en face de la plage, puis avons suivi le sentier pendant quatre heures avant de réembarquer à une autre plage. Le « track » est à la hauteur de sa réputation de compter parmi les randonnées les plus prisées de NZ. Il traverse la forêt tropicale épaisse où les fougères se présentent en arbres de 15 à 20 mètres de hauteur. La densité et la profusion de la végétation sont grandes, un botaniste y trouverait à coup sûr sa terre promise. Quant à nous, nous avons simplement apprécié cet univers, silencieux par surcroît. Le sentier suit de près la côte, il épouse le relief des vallées qui amènent parfois par des cascades idylliques l’eau de la montagne vers la mer.  Les plages de sable sont de toute beauté, l’eau est de couleur émeraude à bleu. Un tuyau pour les gens sportifs : louer un kayak et suivre la côte, les possibilités sont infinies.