Billet d’Islande

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Nous nous trouvons à Smyriabjörg, dans un hôtel sur la côte Est. Au reveil, du brouillard et un léger crachin. Quel contraste avec les jours précédents où le soleil nous a accompagnés du réveil au coucher et même au-delà puisque même à minuit, lui n’était pas couché. Et si on se réveillait pas hasard à trois heures du matin, il était pas encore couché ou déjà là, je nen pourrais le dire! D’accord, nous étions au Nord de l’île et seulement à une heure de bâteau du Cercle polaire. Au dixième jour de notre voyage, alors que nous avons parcouru les trois quarts de l’Islande en suivant plus ou moins la côte, nous mesurons notre chance d’avoir bénéficié jusque-là d’un vrai temps d’été. Nous savons maintenant que le brouillard sur la côte va bientôt se lever et dégager la vue sur les glaciers qui à cet endroit se rapprochent de très près de la mer s’ils ne débouchent pas carrément dans les eaux comme c’est le cas du Vatnajökull, le plus grand glacier d’Europe, grand comme la Corse ! Imaginez le panorama que nous avons découvert hier, voir alignés six de ces serpents monstrueux de glace descendre entre les montagnes volcaniques avec au premier plan des prés verts sur lesquels on venait de terminer la fenaison, comme en témoignaient les nombreuses balles de foin emballés dans du plastique blanc. Du vrai land art qui pourrait rendre jaloux un Christo.

Depuis notre arrivée à Reykjavik, nous ne cessons de nous exclamer devant la beauté d’une nature offerte ici à l’état pur, sans les traces de la « sur-civilisation » que connaît l’Europe continentale et avec une géologie bien particulière. Le centre de l’Islande, grande comme l’Autriche, est quasiment désertique, composé de montagnes, champs de lave et glaciers, parcourus par des cours d’eau tumultueux qui se fraient leur chemin à travers des canons profonds en créant d’innombrables cascades. La bande de terre qui sépare le montagne de la mer est étroite. C’est là que les hommes se sont fixés en pratiquant l’agriculture : pâturages avec élevage de moutons et chevaux, production de lait. Il n’y a guère de cultures céréalières. Pas d’arbres. Il s’agit de petites exploitations, parfois dispersées, parfois distantes de quelques centaines de mètres les unes des autres seulement. Dans les fjords, de nombreux ports sont là pour accueillir une flotte de pêche qui ne manque pas de tâche. Les eaux sont très poissonneuses autour de l’Islande (leur éventuel partage sera probablement un point crucial  des de futures négociations d’adhésion à l’UE), avec un déplacement  accru du poisson du Sud vers le Nord à cause du réchauffement, nous a-t-on dit. Dans les ports de grands bâtiments industriels hébergent les usines de traitement du poisson. L’habitat est simple. Les maisons les plus anciennes datent de la fin du 19ème siècle. Les plus cossues d’entre elles ont été importées de toutes pièces de Norvège par de riches marchands. Il y a très peu de commerces, queqlues supermarchés dans les agglomérations plus grandes. Autrement on trouve le nécessaire à la station service. Chaque village a sa petite église, très sobre, proprette. Des fois les fermes isolées disposent également une chapelle, de quoi offrir les services réligieux sur place. On sent que l’église a joué unrôle très important dans l’histoire du pays. Autre élément de grande tradition : les sagas et la présence de trolls et d’elfes. On dit que pour la construction des routes, on respecte les endroits habités par ces êtres surnaturels. A travers le pays, un nombre de musées retrace la vie traditionnelle. Certains sont dédiés à des hommes célèbres (l’écrivain Nonni à Akureyri) ou expliqent des faits historiques importants, par exemple l’émigration de la population rurale vers l’Amérique à la fin du 19ème siècle (Ofsoss, dans le Nord).

Revenons à notre programme du jour : maintenant que le brouillard a commencé à se lever, nous allons voir une grande lagune dans laquelle flottent des icebergs détachés du glacier, puis faire une excurions vers un cap éloigné avec un phare et de nombreux rochers où des oiseaux par milliers nichent. Parmi eux, le fameux macareux, oiseaux bizarres  à l’habit de moine dotés d’un bec orange surdimensionné, très photogéniques évidemment.

Le chaud et le froid

Nous sommes à la veille d’un nouveau départ. Demain nous embarquerons pour la première fois de notre vie pour une destination dans le grand Nord, c’est à dire l’Islande.

En deux semaines nous comptons faire en voiture de location le tour de l’île sur la route N°1 qui est aussi appelée “route périphérique” (ne pas confondre avec un certain Boulevard périphérique…). Elle suit en gros la ligne de côte et nous permettra aussi de faire des incursions pour découvrir certains sites réputés: cascades, volcans, glaciers etc. La traversée de l’île par le centre aurait nécessité un véhicule 4×4 et surtout une solide expérience de conduite en terrain “mouvant” que nous n’avons pas.  Nous sommes tout excités devant cette nouvelle aventure qui sera à  maints égards à l’opposé de notre voyage en Ouzbékistan. Nous aurons certes des régions désertiques à traverser, mais il s’agira de champs de lave, il y aura certes de la chaleur, mais elle viendra du sous-sol et se présentera sous forme de sources chaudes, pour le reste nous nous attendons à devoir nous protéger du froid et de la pluie. Enfin, qui sait? Tout cela ne sont que des hypothèses, il nous tarde de nous faire une idée de visu, dès demain. Pour la suite, on verra quelle forme prendra le récit de ce voyage. Nous serons en terrain favorable à la communication par internet, mais je doute que nous trouverons le temps d’écrire et d’envoyer des photos dans les jours qui viennent. On verra bien. Disons “Si Thor veut bien”..