Bariloche, San Martin de los Andes, Puerto Varas

Depuis El Calafate, nous avons rejoint par avion San Carlos de Bariloche qui est situé 1000 km plus au Nord. C’est un des principaux accès à la Patagonie argentine et en même temps une des villégiatures d’été et une des stations de sports d’hiver les plus réputées du pays.  La raison en est simple : nous nous trouvons ici dans une région où de nombreux lacs alternent avec des montagnes dont les plus hauts sommets portent un chapeau de neige et de glace toute l’année. Les ressources touristiques sont très développées, le Lac Nahuel Huapi peut passer pour la « Rivera argentine ». Sur un vingtaine de kilomètres du bord du lac, chaque mètre carré est occupé par un hôtel ou un restaurant, la route est très fréquentée. Quand on vient  de la solitude des grandes étendues désertes ou des montagnes de la Patagonie du Sud, cela peut évidemment provoquer un choc. Mais par la suite on découvre des endroits plus cachés et on se réconcilie avec la région en prenant la mesure de toutes les beautés naturelles qui s’offrent à nous. Ainsi, notre agence nous a déniché un hôtel situé à une dizaine de kilomètres de la ville grouillante de touristes qu’est Bariloche, au bord du  lac Gutierrez , enchâssé dans les montagnes, une pure merveille, avec le clapotis des vagues comme seule musique et pratiquement aucune présence humaine visible à l’entour. Parmi les excursions  incontournables à faire, il y a le très beau circuit de la presqu’île de Llao Llao qui conduit au  cœur d’un univers composé d’eau et de montagnes couvertes d’une végétation luxuriante, parfois d’une déroutante beauté comme les « arrayanes », arbres à l’écorce couleur cannelle.

 

 

 

arbre arrayan

arbre arrayan

 

 

Parc Nahuel Huapi

Parc Nahuel Huapi

 

 

Bien sûr, on peut aussi prendre un téléférique ou un télésiège pour contempler d’en haut des panoramas dignes du Lac des Quatre Cantons en Suisse.

 

Dommage, à Bariloche, le ciel a été plutôt couvert. Mais nous avons retrouvé le soleil en faisant une excursion de trois jours plus au Nord en nous dirigeant vers San Martin de los Andes. Une route bien roulante en direction du Nord-Est mène à travers une steppe, parsemée de touffes d’épineux, dont émergent des rochers basaltiques aux formes bizarres et aux noms évocateurs comme les « Doigts de Dieu ». 

Les eaux des rivières et lacs sont d’une limpidité autant appréciée par les truites que par les pêcheurs. A Confluencia - le nom indique que deux rivières se rejoignent à cet endroit – les choses se corsent pour l’automobiliste qui souhaite rejoindre San Martin de los Andes. Notre petite VW Gol (le « f »  manquant n’est pas un oubli de ma part, mais on produit en Amérique du Sud une VW Polo qui montre par son nom qu’elle voudrait bien être plus grande) – donc,  notre voiture, et plus encore nos dos, ont été  mis à rude épreuve sur les kilomètres qui ont suivi : un slalom permanent entre les nids de poule de cette route de montagne qui traverse des canons et franchit un beau col avant de redescendre vers le Lago Lacar au bord duquel se situe San Martin. C’est une coquette station fort animée, une très bonne étape dans le Parc National Lanin dont le nom est emprunté à un magistral volcan de 3700m à la frontière avec le Chili.

branche de péhuen, "désespoir des singes"

branche de péhuen, "désespoir des singes"Volcan Lanin

 

 

 

 

 
Volcan Lanin

Volcan Lanin

 

Dans cette région on est en pays Mapuche. La petite ville de Junin de los Andes fait un accueil simple mais chaleureux au visiteur, je pourrais citer le bureau d’informations et une pâtisserie-glacier proposant des rafraîchissements excellents dans la chaleur estivale. La route asphaltée vers le Nord-Ouest se termine à la frontière chilienne. C’est là où nous avons fait demi-tour après avoir dûment admiré les araucariens ou péhuens, d’immenses arbres dont les branches sont couverts ni par des feuilles, ni par des aiguilles, mais par des écailles vertes, larges et pointues à la fois. Le guide Lonely Planet nous apprend qu’on les nomme aussi « désespoir des singes » puisque les bêtes n’arrivent pas y grimper. Je veux bien , mais dans cette région, il n’y a pas de singes, à coup sûr. Pour retourner à Bariloche on peut emprunter la « Route des 7 lacs » - un parcours gratifiant.. si on fait abstraction  de l’état pitoyable de la route : plus de deux heures de piste cahoteuse dans un nuage de poussière ininterrompu. De quoi se décourager. A Bariloche nous nous sommes cependant réconciliés avec  l’existence en prenant un bain jacuzzi relaxant à l’hôtel. Le lendemain nous a réservé un parcours original : nous devions nous rendre à Puerto Varas, au Chili, en prenant en alternance bus, bateau, bus, bateau et à nouveau un bus ! C’est le fameux passage Est-Ouest par le lac Todos los Santos  qui aboutit au pied du volcan Osorno que nous avions déjà connu en 2006. Nous étions curieux de voir quel effet produiraient sur nous  ces retrouvailles avec un paysage grandiose. Evidemment les conditions météo étaient différentes (voir photos), mais  l’apparition majestueuse du volcan au détour d’une île dans  le  lac, nous a à nouveau captivés. Pour le passage de la frontière les passagers du bus/bateau devaient se soumettre à des contrôles de douane assez longs. C’est à qui de l’Argentine ou du Chili dépasse l’autre par des mesures qui ressemblent à des chicanes. Alors que les deux Etats font partie du Mercosur, les autorités imposent des contrôles phytosanitaires  qui font perdre du temps à chacun sans apporter la preuve de leur efficacité. Bref, nous étions contents de nous trouver après le passage de frontière dans un nouvel hôtel à Peulla  pour nous restaurer en compagnie agréable d’un couple portugais avant de reprendre la route. Le soir en arrivant à Puerto Varras, nous avons trouvé la petite ville en pleine effervescence. Les rues étaient pleine de monde ,les voitures circulaient en klaxonnant ,les gens agitaient des drapeaux.  Qu’y avait-il à fêter ? Un match de foot ? Ou un autre exploit de sportif? Non, tout simplement le Chili avait élu un nouveau président, Carlos Pinera qui succède à Michele Bachelier. La liesse des manifestants était bon enfant, nous n’avons détecté aucune contre-manif. C’est donc la preuve réconfortante que le Chili a gagné énormément en maturité politique depuis les sombres années sous Pinochet. Qu’on aime le nouveau président ou non – certains appellent Pinera qui possède la majorité des actions de la compagnie aérienne LAN, le « Berlusconi chilien » - l’alternance politique démocratique est désormais possible dans le pays.

 

 Notre nuit à Puerto Varas fut courte, le lendemain matin nous prenions l’avion de Santiago à 7heures le matin pour entamer l’avant-dernier chapitre de notre voyage.

Volcan Osorno, novembre 2006

Volcan Osorno, novembre 2006

Volcan Osorno, janvier 2010

Volcan Osorno, janvier 2010

Torres del Paine - un spectacle qui restera pour toujours gravé dans votre mémoire

Torres del Paine - un spectacle qui restera pour toujours gravé dans votre mémoire

Les "cornes" del Torres del Paine

Les "cornes" del Torres del Paine

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Torres del Paine vu de l’Est

  

 

Ces trois destinations constituent en  quelque sorte le tiercé gagnant  du voyageur qui souhaite explorer la Patagonie. Il s’agit de trois parcs nationaux  légendaires que nous avons eu la chance de visiter. Le premier, en prenant la route de Puerto Natales (Chili) en direction du Nord, le  Torres del Paine,  est un ensemble grandiose composé d’un massif granitique culminant à 3000m,  de glaciers  et de lacs et rivières d’un bleu-vert fascinant. Les géologues  vous donneront des explications savantes sur l’origine des couleurs différentes de la roche aux formes déchiquetées, le photographe s’en émerveille et les fixe sur sa pellicule.  En principe les montagnes devraient se refléter dans les nombreux lacs.  Mais c’est quasi impossible avec le vent qui souffle en permanence avec une force  inouïe. Jamais la surface des eaux est tranquille, le spectacle est notamment dans l’air avec des nuages engagés dans une course sans fin.  Une faune nombreuse peuple le paysage, guanacos et nandous (petits autruches) donnent le spectacle de leur vie en pleine nature où ils sont désormais protégés. Parfois on peut observer un « zorro » (renard) filant entre le touffes d’herbe à la recherche d’une proie.

 

Rencontre avec une famille de nandous...

Rencontre avec une famille de nandous...

 Comment visiter le parc ? Les plus courageux  chausseront de solides chaussures et prennent un grand sac à dos contenant tente, sacs de couchage, aliments et équipements pour une semaine avant de  se lancer sur les nombreux sentiers qui sillonnent le parc. Le visiteur moins sportif peut approcher montagnes et lacs en bus ou en voiture sur des routes non asphaltées, dont certains tronçons lui laisseront le souvenir d’avoir pris une route d’aventure. Il y a quelques rares hôtels dans le parc où il convient de réserver sa chambre longtemps à l’avance.

... et avec une famille de guanacos
… et avec une famille de guanacos

La Hosteria del Lago Grey est un endroit magnifique : de la salle du restaurant vous pourrez voir défiler sur l’eau au ralenti les icebergs libérés par le glacier Grey. Le soir de jeunes renards qui ont élu domicile dans le soubassement de l’hôtel se donnent en spectacle. On rejoint à pied une embarcadère au pied d’une paroi  rocheuse vertigineuse. Là un couple de condors installé dans une niche au dessus du vide élève son petit en  se moquant royalement des petits humains qui se rendent à bord du catamaran. Celui-ci vous emmène en excursion sur le lac dans lequel débouche le glacier. En s’approchant du front du glacier,  on se rend compte des énormes énergies qui sommeillent dans le champ de glace.  Sur les bords, les rochers luisants d’humidité sont rabotés par les masses blanches et grises de la neige compactée. Au contact avec le lac, le mur de glace se fissure. La glace, d’une hauteur d’une bonne trentaine de mètres, se présente sous forme de tours et d’ogives qui font apparaître des profondeurs d’un bleu mystérieux, insondable.

 

Le front du glacier Grey

Le front du glacier Grey

 

Parfois  des blocs de glace s’en détachent et terminent leur course en icebergs flottants à la surface de l’eau.  L’hôtel las Torres dans lequel nous avons également séjourné se trouve de l’autre côté du parc, à l’est, là où la steppe patagonienne se termine sur les contreforts du Paine.  Le contraste entre la plaine et le massif est particulièrement impressionnant.  D’ailleurs, on a beau s’éloigner de 100 ou 200 kilomètres de là, le Torres del Paine, telle une forteresse émerge toujours au loin de la steppe. 

 

Estancia Rupai Pacha 

Don Julio, le cuisinier

Don Julio, le cuisinier

 Sur notre route vers le nord, nous avons à nouveau franchi la frontière pour passer une nuit du côté argentin dans une estancia fort intéressante. Rupai Pacha – le nom n’a rien avoir avec un potentat oriental, mais est emprunt à la langue des indiens mapuche, il signifie « endroit joli » -a été acheté dans les années 1970 par un couple argentino-autrichien. Au fil des années, ses propriétaires ont développé en pleine steppe une exploitation moderne axée principalement sur l’élevage de moutons.  On y accueille aussi des touristes qui sont pris en charge par la patronne, une ancienne journaliste fort éloquente, et un personnel dévoué, notamment Don Julio, le cuisinier, et son aide, une femme d’origine mapuche comme lui. Les repas ont été pris dans une cuisine à l’ancienne dominée par un four chauffé généreusement  au bois dégageant une chaleur bienfaisante en fort contraste  avec le vent froid qui balayait la prairie. Deux jeunes ouvriers de la ferme prenaient leur repas en même temps que nous. Ils doivent s’occuper du bétail, dispersé sur les quelques 23000 ha de l’estancia.  Parmi les  moutons, il y a un certain nombre de mérinos qui fournissent une laine d’une finesse extrême (la fibre est à 19 microns !) . Leur élevage ressemble à une science futuriste – pour la reproduction, on ne s’arrête pas à l’insémination artificielle, mais importe carrément des embryons d’Australie ! Dirigée par des propriétaires dynamiques, l’estancia produit aussi de manière biologique des fruits et légumes. Le potager, protégé du vent par une immense haie de peupliers, est sous la surveillance, un peu endormie, il est vrai, d’un couple de hiboux qui ont élu domicile fixe dans les arbres. La ferme accueille des chercheurs de tout bord et les amateurs de produits naturels peuvent y trouver leur compte.

Calafate et le Parc Los Glaciares

Tempête sur le glacier

Tempête sur le glacier

 

A 150 km au nord de Rupai Pacha se trouve la ville de Calafate, plaque tournante du tourisme dans la région puisque dotée d’un aéroport international.  Avec Buenos Aires et Iguazú, le Parc Los Glaciares qui fait partie du Patrimoine mondial de l’UNESCO est probalement la destination la plus recherchée par les touristes étrangers en Argentine.  Nous nous trouvons ici sur la limite orientale d’un immense champ de glace s’une superficie équivalent à six fois la surface du Grand Duché de Luxembourg. La plus grande partie des glaciers se trouve au Chili où il couvre toute la largeur du pays, obstacle naturel à toute route. Sur le versant argentin débouchent  entre les différents massifs andins de nombreux glaciers  dont certains se terminent dans des lacs, comme le glacier Upsala ou le fameux Perito Moreno 

 

 

une glace aux facettes variées

une glace aux facettes variées

Tout ce qui a été dit précédemment à propos du glacier Grey dans le Torres del Paine vaut également pour le Perito Moreno, sauf que sa dimension est nettement plus grande encore. Le front du glacier qui se termine dans le Lago Argentino, le plus grand lac d’Argentine,  mesure environ 5 km,  la hauteur émergée est au moins de 60m.  Ce glacier est particulièrement « vivant » puisqu’il avance régulièrement vers une presqu’île dans le lac. Quand la glace atteint l’autre rive, il se crée une sorte de pont  de glace qui est miné par les courants. Tous les trois ou quatre ans ce pont s’écroule sous un bruit étourdissant et le processus recommence. Probablement vous avez déjà vu à la TV des images de ce spectacle unique.  Lors de notre passage, le pont ne s’était pas encore formé à nouveau depuis  la dernière rupture en 2008. Toutefois, pour nous « consoler » le glacier nous offrit le spectacle de quelques blocs de glace colossaux tombant du front dans le lac provoquant ainsi un mini tsunami qui a obligé un bateau chargé de touristes de procéder à une manœuvre d’urgence pour parer le choc de la première vague. Nous avons vu le glacier depuis un bateau et aussi depuis les points de vue aménagés sur la presqu’île en face. Le ciel était wagnérien, la scène dramatique fut soulignée par de craquements et bruits assourdissants provenant du glacier. En ce qui concerne la ville de Calafate,  il n’y a rien à signaler, c’est une grosse machine touristique sans plus.

 El Chalten et Fitz Roy

 

A 200 km au Nord de Calafate se trouve El Chalten, la « Mecque » du Trekking et des grimpeurs de l’extrême. Ils sont attirés par un des sommets les plus spectaculaires d’Amérique du Sud, les pointes granitiques du Fitz Roy qui culmine à 3400m. Il y a 25 ans, le village n’existait pas encore. Un danois du non de Madsen s’était établi au début du XXe siècle dans la région où il a exploité une ferme, défendant vaillamment le bétail contre les attaques permanentes de pumas. L’isolement de Madsen ne fut perturbé que dans les années 1950 quand des alpinistes de renom se sont lancés à la conquête du sommet du Fitz Roy invaincu jusque là à cause de ses parois vertigineuses et des intempéries. Les photographes en savent quelque chose : pour avoir une vue dégagée sur le sommet il faut probablement camper pendant un mois dans la région puisque  nuages et brouillard le cachent la plupart du temps.

 

un jeu de patience pour le photographe: essayer d'obtenir une vue du Fitz Roy quand le sommet ne se cahce pas derrière les nuages....

un jeu de patience pour le photographe: essayer d'obtenir une vue du Fitz Roy quand le sommet ne se cache pas derrière les nuages....

 

 

Néanmoins cette montagne  et ses sommets voisins qui s’appellent « Torre », « Saint-Exupéry » et « Mermoz » exercent une fascination que j’ai pu ressentir moi-même. En compagnie d’un guide local  je me suis approché des glaciers qui font une large barrière en dessous des pointes rocheuses créant un obstacle naturel pour la foule des randonneurs. Celui qui veut s’approcher davantage du sommet doit être un excellent alpiniste/andiniste. La conquête du sommet est réservée à une toute petite  élite.  Mais bon, ce que le commun des mortels peut entrevoir du paysage a suffi pour me captiver. Et puis, plus bas, vers la vallée  il y a de magnifiques forêts primaires à traverser. La nature y est à l’état brut, aucun tronc d’arbre qui jonche le sol n’y a jamais été déplacé par la main de l’homme. Des orchidées poussent dans la mousse,  les fameux piverts patagoniens à la tête rouge s’en donnent à cœur joie à chercher leur nourriture dans les troncs vermoulus des arbres. Pour éprouver une grande joie, il ne faut pas nécessairement  vaincre des sommets inaccessibles….

 

Pivert de Patagonie au travail

Pivert de Patagonie au travail

 

 

   

Estancia Rio Verde - Une année qui se termine bien

Rio Verde

Rio Verde

 

 

Le dernier jour de 2009 nous a vus traverser la steppe patagonienne sur une  piste secondaire entre Punta Arenas et Puerto Natales. A midi nous avions atteint l’estancia Rio Verde située au bord d’un fjord qui a des allures de lac, tellement le lointain accès à la mer est cachée par un dédale d’îles et de presqu’îles. Des montagnes bien enneigées barrent l’horizon. L’endroit jouit d’une sérénité particulière. Difficile à dire à quoi cela tient. En tous cas, la nature semble en parfait équilibre avec le travail de l’homme. On y a construit une sorte de hameau composé de plusieurs maisons, une ferme-auberge, des bâtiments  agricoles et même une petite école.  Des oies sauvages, des flamants roses, des nandous, des oiseaux de proie côtoient dans les champs moutons, vaches et chevaux. L’auberge s’est révélée particulièrement accueillante : de grandes chambres bien chauffées, une salle de restaurant où la fumée d’une « parilla » (gril) énorme vous met l’eau à la bouche.  Cette ambiance soutenue par un service attentif s’est révélée propice aux rencontres entre voyageurs. Ainsi à midi nous avons partagé la table avec une sympathique famille française, un jeune couple d’enseignants basé en Polynésie française, accompagné de trois enfants adolescents  fort sympathiques. Pour le buffet de la Saint  Sylvestre, nous nous trouvions en compagnie d’un couple canadien non moins sympa, et ce entouré des propriétaires qui nous avaient tout naturellement admis dans leur cercle de famille élargi de quelques amis. C’est dans cette atmosphère intime et chaleureuse que nous avons levé notre verre  en saluant l’arrivée de la nouvelle année, quatre heures après les êtres qui nous sont chers, restés en Europe, bien présents dans nos esprits à ce moment-là.