
Rio Verde
Le dernier jour de 2009 nous a vus traverser la steppe patagonienne sur une piste secondaire entre Punta Arenas et Puerto Natales. A midi nous avions atteint l’estancia Rio Verde située au bord d’un fjord qui a des allures de lac, tellement le lointain accès à la mer est cachée par un dédale d’îles et de presqu’îles. Des montagnes bien enneigées barrent l’horizon. L’endroit jouit d’une sérénité particulière. Difficile à dire à quoi cela tient. En tous cas, la nature semble en parfait équilibre avec le travail de l’homme. On y a construit une sorte de hameau composé de plusieurs maisons, une ferme-auberge, des bâtiments agricoles et même une petite école. Des oies sauvages, des flamants roses, des nandous, des oiseaux de proie côtoient dans les champs moutons, vaches et chevaux. L’auberge s’est révélée particulièrement accueillante : de grandes chambres bien chauffées, une salle de restaurant où la fumée d’une « parilla » (gril) énorme vous met l’eau à la bouche. Cette ambiance soutenue par un service attentif s’est révélée propice aux rencontres entre voyageurs. Ainsi à midi nous avons partagé la table avec une sympathique famille française, un jeune couple d’enseignants basé en Polynésie française, accompagné de trois enfants adolescents fort sympathiques. Pour le buffet de la Saint Sylvestre, nous nous trouvions en compagnie d’un couple canadien non moins sympa, et ce entouré des propriétaires qui nous avaient tout naturellement admis dans leur cercle de famille élargi de quelques amis. C’est dans cette atmosphère intime et chaleureuse que nous avons levé notre verre en saluant l’arrivée de la nouvelle année, quatre heures après les êtres qui nous sont chers, restés en Europe, bien présents dans nos esprits à ce moment-là.
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