
Torres del Paine - un spectacle qui restera pour toujours gravé dans votre mémoire

Les "cornes" del Torres del Paine

- Torres del Paine vu de l’Est
Ces trois destinations constituent en quelque sorte le tiercé gagnant du voyageur qui souhaite explorer la Patagonie. Il s’agit de trois parcs nationaux légendaires que nous avons eu la chance de visiter. Le premier, en prenant la route de Puerto Natales (Chili) en direction du Nord, le Torres del Paine, est un ensemble grandiose composé d’un massif granitique culminant à 3000m, de glaciers et de lacs et rivières d’un bleu-vert fascinant. Les géologues vous donneront des explications savantes sur l’origine des couleurs différentes de la roche aux formes déchiquetées, le photographe s’en émerveille et les fixe sur sa pellicule. En principe les montagnes devraient se refléter dans les nombreux lacs. Mais c’est quasi impossible avec le vent qui souffle en permanence avec une force inouïe. Jamais la surface des eaux est tranquille, le spectacle est notamment dans l’air avec des nuages engagés dans une course sans fin. Une faune nombreuse peuple le paysage, guanacos et nandous (petits autruches) donnent le spectacle de leur vie en pleine nature où ils sont désormais protégés. Parfois on peut observer un « zorro » (renard) filant entre le touffes d’herbe à la recherche d’une proie.

Rencontre avec une famille de nandous...
Comment visiter le parc ? Les plus courageux chausseront de solides chaussures et prennent un grand sac à dos contenant tente, sacs de couchage, aliments et équipements pour une semaine avant de se lancer sur les nombreux sentiers qui sillonnent le parc. Le visiteur moins sportif peut approcher montagnes et lacs en bus ou en voiture sur des routes non asphaltées, dont certains tronçons lui laisseront le souvenir d’avoir pris une route d’aventure. Il y a quelques rares hôtels dans le parc où il convient de réserver sa chambre longtemps à l’avance.

- … et avec une famille de guanacos
La Hosteria del Lago Grey est un endroit magnifique : de la salle du restaurant vous pourrez voir défiler sur l’eau au ralenti les icebergs libérés par le glacier Grey. Le soir de jeunes renards qui ont élu domicile dans le soubassement de l’hôtel se donnent en spectacle. On rejoint à pied une embarcadère au pied d’une paroi rocheuse vertigineuse. Là un couple de condors installé dans une niche au dessus du vide élève son petit en se moquant royalement des petits humains qui se rendent à bord du catamaran. Celui-ci vous emmène en excursion sur le lac dans lequel débouche le glacier. En s’approchant du front du glacier, on se rend compte des énormes énergies qui sommeillent dans le champ de glace. Sur les bords, les rochers luisants d’humidité sont rabotés par les masses blanches et grises de la neige compactée. Au contact avec le lac, le mur de glace se fissure. La glace, d’une hauteur d’une bonne trentaine de mètres, se présente sous forme de tours et d’ogives qui font apparaître des profondeurs d’un bleu mystérieux, insondable.

Le front du glacier Grey
Parfois des blocs de glace s’en détachent et terminent leur course en icebergs flottants à la surface de l’eau. L’hôtel las Torres dans lequel nous avons également séjourné se trouve de l’autre côté du parc, à l’est, là où la steppe patagonienne se termine sur les contreforts du Paine. Le contraste entre la plaine et le massif est particulièrement impressionnant. D’ailleurs, on a beau s’éloigner de 100 ou 200 kilomètres de là, le Torres del Paine, telle une forteresse émerge toujours au loin de la steppe.
Estancia Rupai Pacha

Don Julio, le cuisinier
Sur notre route vers le nord, nous avons à nouveau franchi la frontière pour passer une nuit du côté argentin dans une estancia fort intéressante. Rupai Pacha – le nom n’a rien avoir avec un potentat oriental, mais est emprunt à la langue des indiens mapuche, il signifie « endroit joli » -a été acheté dans les années 1970 par un couple argentino-autrichien. Au fil des années, ses propriétaires ont développé en pleine steppe une exploitation moderne axée principalement sur l’élevage de moutons. On y accueille aussi des touristes qui sont pris en charge par la patronne, une ancienne journaliste fort éloquente, et un personnel dévoué, notamment Don Julio, le cuisinier, et son aide, une femme d’origine mapuche comme lui. Les repas ont été pris dans une cuisine à l’ancienne dominée par un four chauffé généreusement au bois dégageant une chaleur bienfaisante en fort contraste avec le vent froid qui balayait la prairie. Deux jeunes ouvriers de la ferme prenaient leur repas en même temps que nous. Ils doivent s’occuper du bétail, dispersé sur les quelques 23000 ha de l’estancia. Parmi les moutons, il y a un certain nombre de mérinos qui fournissent une laine d’une finesse extrême (la fibre est à 19 microns !) . Leur élevage ressemble à une science futuriste – pour la reproduction, on ne s’arrête pas à l’insémination artificielle, mais importe carrément des embryons d’Australie ! Dirigée par des propriétaires dynamiques, l’estancia produit aussi de manière biologique des fruits et légumes. Le potager, protégé du vent par une immense haie de peupliers, est sous la surveillance, un peu endormie, il est vrai, d’un couple de hiboux qui ont élu domicile fixe dans les arbres. La ferme accueille des chercheurs de tout bord et les amateurs de produits naturels peuvent y trouver leur compte.
Calafate et le Parc Los Glaciares

Tempête sur le glacier
A 150 km au nord de Rupai Pacha se trouve la ville de Calafate, plaque tournante du tourisme dans la région puisque dotée d’un aéroport international. Avec Buenos Aires et Iguazú, le Parc Los Glaciares qui fait partie du Patrimoine mondial de l’UNESCO est probalement la destination la plus recherchée par les touristes étrangers en Argentine. Nous nous trouvons ici sur la limite orientale d’un immense champ de glace s’une superficie équivalent à six fois la surface du Grand Duché de Luxembourg. La plus grande partie des glaciers se trouve au Chili où il couvre toute la largeur du pays, obstacle naturel à toute route. Sur le versant argentin débouchent entre les différents massifs andins de nombreux glaciers dont certains se terminent dans des lacs, comme le glacier Upsala ou le fameux Perito Moreno.

une glace aux facettes variées
Tout ce qui a été dit précédemment à propos du glacier Grey dans le Torres del Paine vaut également pour le Perito Moreno, sauf que sa dimension est nettement plus grande encore. Le front du glacier qui se termine dans le Lago Argentino, le plus grand lac d’Argentine, mesure environ 5 km, la hauteur émergée est au moins de 60m. Ce glacier est particulièrement « vivant » puisqu’il avance régulièrement vers une presqu’île dans le lac. Quand la glace atteint l’autre rive, il se crée une sorte de pont de glace qui est miné par les courants. Tous les trois ou quatre ans ce pont s’écroule sous un bruit étourdissant et le processus recommence. Probablement vous avez déjà vu à la TV des images de ce spectacle unique. Lors de notre passage, le pont ne s’était pas encore formé à nouveau depuis la dernière rupture en 2008. Toutefois, pour nous « consoler » le glacier nous offrit le spectacle de quelques blocs de glace colossaux tombant du front dans le lac provoquant ainsi un mini tsunami qui a obligé un bateau chargé de touristes de procéder à une manœuvre d’urgence pour parer le choc de la première vague. Nous avons vu le glacier depuis un bateau et aussi depuis les points de vue aménagés sur la presqu’île en face. Le ciel était wagnérien, la scène dramatique fut soulignée par de craquements et bruits assourdissants provenant du glacier. En ce qui concerne la ville de Calafate, il n’y a rien à signaler, c’est une grosse machine touristique sans plus.
El Chalten et Fitz Roy
A 200 km au Nord de Calafate se trouve El Chalten, la « Mecque » du Trekking et des grimpeurs de l’extrême. Ils sont attirés par un des sommets les plus spectaculaires d’Amérique du Sud, les pointes granitiques du Fitz Roy qui culmine à 3400m. Il y a 25 ans, le village n’existait pas encore. Un danois du non de Madsen s’était établi au début du XXe siècle dans la région où il a exploité une ferme, défendant vaillamment le bétail contre les attaques permanentes de pumas. L’isolement de Madsen ne fut perturbé que dans les années 1950 quand des alpinistes de renom se sont lancés à la conquête du sommet du Fitz Roy invaincu jusque là à cause de ses parois vertigineuses et des intempéries. Les photographes en savent quelque chose : pour avoir une vue dégagée sur le sommet il faut probablement camper pendant un mois dans la région puisque nuages et brouillard le cachent la plupart du temps.

un jeu de patience pour le photographe: essayer d'obtenir une vue du Fitz Roy quand le sommet ne se cache pas derrière les nuages....

Pivert de Patagonie au travail
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